Martine Cecchetto

Une alchimie particulière habite l’œuvre photographique de Martine Cecchetto.

Son histoire distille à nos imaginaires les pages d’un cheminement douloureux. Du fœtus, chrysalide évanescente, d’où renaît une femme libérée de ses tabous aux mises en scène oniriques des corps nus dans leur voile argileux, évoluant dans des poses dignes de Rodin ou Michel Ange, toujours, l’artiste trouve la juste mesure. La monstration du corps reste pudique, élégante, théâtrale loin des clichés érotiques. Des corps, des visages enrobés d’argile ou d’écharpes de gaze créent une symbiose entre les modèles et l’univers fantasmé de Martine Cecchetto. La blancheur de l’argile, les craquelures, la fine pellicule poudreuse accrochée à même  la peau transcendent le corps.

L’artiste n’y voit aucun rituel, peut-être, mais le spectateur, lui, y décèle une grande similitude avec les rites d’initiations de certaines peuplades africaines. En cela, toute la magie de l’univers créé par la photographe s’efface, elle donne à voir de beaux portraits, un autre aspect de son travail et ses recherches artistiques.

Au-delà des artifices, des mises en scène, le travail photographique de Martine Cecchetto nous projette dans un mode mirifique, sensible et plein de charme.

 

Anne van Opberg

Historienne de l’Art

Conférencière à l’Académie

en Sorbonne, Paris

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